Compilation de Richter sur les prévisions des banques relativement aux taux de change et aux taux d’intérêt

Mai 2018

Le huard perd du terrain face au dollar américain plus fort

Le dollar américain s’est apprécié au cours des quatre dernières semaines, un revirement de situation par rapport à plusieurs mois de faiblesse. Par conséquent, l’indice du dollar américain (DXY) a atteint de nouveaux sommets pour 2018. L’un des facteurs qui expliquent cette hausse est la décision du président Trump de se retirer de l’accord sur le nucléaire iranien, qui a engendré une flambée des prix du pétrole, lesquels ont atteint des niveaux jamais vus depuis le début de 2015. Au Canada, la Banque Nationale a souligné que l’attitude modérée de la Banque du Canada et les incertitudes entourant les négociations de l’ALENA faisaient en sorte de maintenir le huard bien en deçà des niveaux associés habituellement aux prix du pétrole actuels. Desjardins a ajouté que si les taux d’intérêt continuent d’augmenter graduellement, la dette des ménages pourrait s’aggraver et provoquer une correction plus importante du marché du logement.

Du côté des États-Unis, la date butoir pour en venir à une entente dans le cadre de l’ALENA était le 17 mai. Par la suite, le secrétaire au Trésor américain, Steven Mnuchin, a indiqué qu’« il y a encore de très importantes questions en suspens. »[1] Selon la Banque Nationale, le dollar américain pourrait rebondir temporairement, mais pourrait également subir les contrecoups de la courbe de rendement la moins prononcée en dix ans, qui empêche la Réserve fédérale américaine de resserrer ses politiques. Enfin, Desjardins est aussi préoccupée par des incertitudes politiques, des mouvements protectionnistes et des représailles éventuelles de la Maison-Blanche. En date de la publication du présent sondage, la paire de devises s’échangeait à 77,6 ¢ US/CAD et les prévisions pour la fin de 2019 s’établissent entre 77,0 et 81,7 ¢ US/CAD. 

Le ralentissement de la croissance et les menaces plus insistantes de protectionnisme font mal à l’euro

Au cours des dernières semaines, les pays de la zone euro ont subi les conséquences « d’un certain ralentissement de la croissance ou d’un essoufflement », ce qu’a confirmé M. Draghi, président de la Banque centrale européenne (BCE) lors d’une conférence de presse.[2] BMO souligne que la BCE regrette fort probablement d’avoir abandonné ses mesures d’assouplissement en mars, étant donné que l’économie dans la région a reculé et que le taux d’inflation ne bouge pas. La Banque Nationale s’attend à ce que la politique monétaire demeure flexible, du moins jusqu’à ce que la croissance reprenne et que les risques négatifs qui y sont associés (p. ex. le protectionnisme commercial) se dissipent. C’est pourquoi la Banque Nationale continue de croire que l’euro fera une remontée dans les six derniers mois de l’année, dans un climat économique favorable à cette devise. Dans l’ensemble, les banques sondées s’entendent pour dire que l’euro s’appréciera par rapport au dollar canadien. Leurs prévisions pour la paire de devises d’ici la fin de 2019 s’établissent entre 58,3 et 63,8 EUR/CAD, comparativement à 66,4 EUR/CAD à la date de publication du sondage.

La Banque du Canada et la Fed devraient continuer de hausser les taux

Les marchés suivront de près les moindres faits et gestes de la Banque du Canada lors de l’annonce prévue sur les taux d’intérêt. La Banque Scotia croit qu’il est trop tôt pour procéder à une hausse de taux, étant donné que le gouverneur de la Banque du Canada, M. Poloz, reconnaît vouloir procéder très lentement. La RBC a notamment abaissé de 0,25 % ses prévisions quant à tous les taux de financement à un jour jusqu’au premier trimestre de 2019 pour montrer qu’elle s’attend de moins en moins à ce que la Banque du Canada maintienne le rythme actuel des hausses de taux prévues.

Pour ce qui est des États-Unis, BMO prévoit toujours que la Réserve fédérale américaine relèvera les taux encore trois fois au cours de l’année, alors que la Banque Scotia et la Banque Nationale ont modifié leurs prévisions en vue d’échelonner les hausses de taux prévues sur une plus longue période, pour en arriver au même nombre de hausses en bout de piste. Dans l’ensemble, les prévisions des banques sondées sont demeurées les mêmes que le mois dernier, et les banques s’entendent toutes pour dire que les banques centrales du Canada et des États-Unis continueront d’augmenter les taux tout au long de 2019.

La tendance est à la hausse en ce qui a trait aux taux de rendement, mais l’écart demeure important entre les États-Unis et le Canada tout au long de 2019

Le taux de rendement des obligations d’État de deux ans des États-Unis ont atteint un sommet de 2,56 % le 15 mai dernier, du jamais vu depuis 2008, alors que les taux d’obligations comparables au Canada ont connu une hausse modérée. En effet, les prévisions du rendement des obligations d’État de deux ans du Canada ont été revues légèrement à la hausse depuis le sondage du mois dernier, pour tenir compte de l’accroissement modeste des taux auquel s’attendent les banques sondées pour le Canada. La Banque Nationale souligne qu’elle s’attend à ce que la Réserve fédérale américaine prenne des mesures plus radicales que la Banque du Canada en 2019, ce qui creusera l’écart de taux des obligations d’État de deux ans entre le Canada et les États-Unis au cours de cette période. Dans l’ensemble, les banques sondées s’entendent pour dire que la tendance à la hausse des taux de rendement des obligations d’État de deux ans se maintiendra, tant aux États-Unis qu’au Canada. Elles établissent leurs prévisions entre 2,3 % et 2,6 % au Canada et entre 2,8 % et 3,6 % aux États-Unis tout au long de 2019.

Taux de rendement record établi récemment pour les obligations d’État de 10 ans des États-Unis

Le taux de rendement des obligations d’État de dix ans des États-Unis a enfin franchi le cap des 3 % pour s’établir à 3,1 % le 18 mai, du jamais vu depuis 2011. La Banque TD soutient que les facteurs économiques laissent croire que ces taux peuvent encore monter, mais s’attend à ce qu’ils se stabilisent autour de 3,15 % d’ici la fin de l’année. La CIBC attribue la hausse de la cible pour les États-Unis et le Canada à la pression qu’exercent les lourds déficits fiscaux des États-Unis, à l’allègement à venir des bilans de la banque centrale et aux taux d’inflation qui devraient augmenter. RBC présente les taux de rendement les plus élevés pour les obligations d’État de 10 ans parmi les banques sondées, soit 2,75 % au Canada et 3,30 % aux États-Unis d’ici la fin de l’année. Dans l’ensemble, depuis le mois dernier, les banques sondées ont revu à la hausse leurs prévisions pour les taux de rendement des obligations d’État de dix ans du Canada et des États-Unis.

Rajustement à la hausse des taux de rendement des obligations d’État à long terme tant au Canada qu’aux États-Unis

Le 18 mai dernier, les taux de rendement des obligations d’État à long terme des États-Unis ont atteint leur plus haut taux depuis octobre 2014 (3,3 %), dans la foulée de données économiques solides et d’une amélioration des facteurs économiques. La CIBC s’attend à ce que les taux des obligations d’État à long terme du Canada demeurent stables et que l’écart entre le rendement des obligations du Canada et des États-Unis demeure ce qu’il est à l’heure actuelle, mais qu’il pourrait se resserrer. Dans l’ensemble, les prévisions à la hausse des rendements des obligations d’État à long terme pour le Canada et les États-Unis tout au long de 2019 sont les mêmes que dans le sondage d’avril.

 

 

 

 

 

 

 

 


 

 

[1] http://www.businessinsider.com/r-significant-issues-remain-with-nafta-renegotiations-mnuchin-2018-5

[2] https://www.ecb.europa.eu/press/pressconf/2018/html/ecb.is180426.fr.html

 

 

 

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