Compilation de Richter sur les prévisions des banques relativement aux taux de change et aux taux d’intérêt

Juin 2018

Le dollar américain se raffermit par rapport au dollar canadien, en plein litige commercial

Au moment d’écrire ces lignes, le dollar canadien se négociait à 75,9 ¢ US/CAD, soit le taux le plus faible depuis juin 2017. Les difficultés du huard sont en partie attribuables aux incertitudes croissantes qui entourent principalement les relations commerciales entre le Canada, le Mexique, les États-Unis et la Chine. Les tensions commerciales entre le Canada et les États-Unis ont pris de l'ampleur. Les deux partenaires d’affaires ont d’ailleurs mis sur pause la renégociation de l’ALENA. Comme les États-Unis ont décidé d’imposer des tarifs douaniers sur l’acier et l’aluminium, le Canada a riposté au moyen de contre-mesures tarifaires semblables. La situation s’est envenimée à nouveau après la rencontre des pays du G7 tenue au Québec. Le président Trump a laissé entendre qu’il imposerait des tarifs douaniers de 25 % sur l’automobile, et le Canada a alors répliqué que si les États-Unis allaient de l’avant, il mettrait d’autres tarifs punitifs en place. BMO souligne que le huard risque de souffrir des tarifs qui pourraient être imposés au Canada sur les véhicules importés aux États-Unis. Étant donné ces développements économiques, la CIBC fait elle aussi preuve de prudence dans ses prévisions, qu’elle a revues à la baisse par rapport à celles du mois dernier. Dans l’ensemble, les banques sondées s’attendent à ce que le huard se négocie entre 77,0 et 81,0 ¢ US/CAD, ce qui est généralement inférieur aux prévisions du mois dernier, mais tout de même supérieur aux niveaux actuels.

Fin du programme d’assouplissement quantitatif de la Banque centrale européenne d’ici décembre 2018

Tel que l’indique la BMO, les prévisions pour l’euro commencent à se stabiliser alors que le président de la Banque centrale européenne (BCE), M. Mario Draghi, indique qu’il mettra un terme au programme d’assouplissement quantitatif de la BCE d’ici la fin de l’année, ce qui réduira les mesures de relance monétaire et exercera une pression à la hausse sur l’euro. Lors de la rencontre du 14 juin sur la politique, la BCE a souligné que les taux resteront à leurs niveaux actuels au moins jusqu’à la fin de l’été 2019, ce qui vient atténuer toute hausse marquée de la devise pour l’instant. Comme la Banque Nationale le laisse entendre, la situation politique actuelle en Europe est incertaine, notamment en raison du nouveau gouvernement populiste italien, ce qui a une incidence sur la capacité de la BCE d’atteindre le taux d’inflation de 2 % qu’elle s’était fixé. Les banques sondées s’attendent à ce que la paire de devises EURO/CAD se négocie entre 58,3 et 65,9 ¢ tout au long de 2019, mais elles demeurent sur leurs gardes, car l’environnement politique incertain pourrait jeter de l’ombre sur les prévisions.

La Banque du Canada maintient son taux pendant que celui de la Fed augmente; hausses de taux en vue pour les deux banques centrales

Le taux directeur de la Banque du Canada est demeuré inchangé à 1,25 %, sauf que les données laissent croire que des hausses de taux seront vraisemblablement appliquées aux réunions du 11 juillet et du 24 octobre. Tel qu’il avait été prédit dans les sondages précédents, la Réserve fédérale américaine (Fed) a également indiqué qu’elle relèverait son taux directeur de 25 points de base. Cette fourchette cible est la plus élevée depuis la crise mondiale de 2008, comme le fait remarquer BMO. La Banque Nationale affirme que les indicateurs économiques pour les États-Unis demeurent cohérents par rapport à la croissance économique, qui a dépassé son potentiel pour 2018, et que le PIB des États-Unis devrait atteindre 2,8 % cette année. Dans l’ensemble, les banques sondées croient que la Banque du Canda et la Fed procéderont à des hausses de taux au cours des deux prochains trimestres de 2018.

Les taux des obligations à deux ans demeurent stables pour le moment aux États-Unis et au Canada

Les prévisions concernant les taux des obligations d’État à deux ans du Canada et des États-Unis sont demeurées sensiblement les mêmes que le mois dernier. La Banque TD soutient qu’habituellement, le rendement des obligations d’État à deux ans grimpe lorsque les taux directeurs cessent d’augmenter, ce à quoi la banque s’attend au cours des prochains mois. BMO est la seule banque sondée qui a revu ses prévisions de taux légèrement à la baisse pour 2019, et ce, seulement pour les obligations des États-Unis. Dans l’ensemble, les banques sondées prévoient que le taux de rendement des obligations du Canada à deux ans s’établira entre 2,3 % et 2,7 % tout au long de 2019, et entre 3,0 % et 3,6 % aux États-Unis pour la même période.

Les taux des obligations à 10 ans des États-Unis devraient augmenter, alors que les obligations canadiennes comparables demeureront relativement stables

Tel qu’il en a été question le mois dernier, le taux des obligations à 10 ans des États-Unis a bondi pour atteindre un taux intrajournalier de 3,1 %, du jamais vu depuis 2011. BMO a relevé ses prévisions de rendement pour les obligations d’État à 10 ans, en soulignant qu’elle s’attend à une hausse linéaire des taux jusqu’à ce que d’autres facteurs entrent en jeu, comme la stabilisation des taux directeurs, le redressement des bilans et le financement des déficits budgétaires. Les prévisions quant au taux de rendement des obligations d’État du Canada à 10 ans demeurent stables pour la fin de 2018, à environ 2,5 %. De manière générale, les taux de rendement des obligations d’État à 10 ans devraient se situer entre 2,6 % et 3,1 % au Canada, et entre 3,2 % et 3,8 % aux États-Unis d’ici la fin de 2019.

Les prévisions de taux de rendement des obligations d’État à long terme connaissent une légère baisse au Canada et demeurent les mêmes aux États-Unis

Les banques sondées ont légèrement revu à la baisse leurs prévisions pour les obligations d’État à long terme depuis la compilation du mois dernier. La Banque Nationale affirme que les taux de rendement des obligations d’État à 30 ans du Canada devraient demeurer faibles, à moins que l’inflation augmente de manière considérable. La Banque TD souligne que l’aplatissement de la courbe de rendement est un phénomène normal, compte tenu de la hausse des taux survenue récemment et des autres hausses prévues. Dans l’ensemble, conformément à ce qu’elles avaient prédit dans les compilations précédentes, les banques sondées s’entendent pour dire que le rendement des obligations d’État à long terme augmentera progressivement tout au long de 2019. Les prévisions les plus optimistes pour le Canada d’ici la fin de 2019 ont été publiées respectivement par la BMO (3,20 %) et RBC (3,85 %).

 




 

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