Compilation de Richter sur les prévisions des banques relativement aux taux de change et aux taux d’intérêt

Août 2017

L’envolée du huard  

En date de la présente publication, le huard se maintient à 78,83 ¢ US/CAD. Le dollar canadien s’est grandement apprécié au cours du dernier mois par rapport au dollar américain. En effet, le huard a fait un gain de près de 7,5 % depuis le 1er juin. Certains facteurs ayant contribué à l’envolée du dollar canadien sont la hausse du taux de financement à un jour du mois dernier ainsi que la faiblesse du billet vert. En outre, le dollar américain est en proie à de plus en plus d’incertitude en raison des tensions politiques qui s’accentuent aux États-Unis, ainsi qu’entre les États-Unis et la Corée du Nord; ce conflit inquiète d’ailleurs l’ensemble des marchés mondiaux.

Selon la Banque Nationale, il faut faire preuve de prudence quant à la hausse récente du huard : même si la croissance du dollar canadien se poursuit à court terme, le dollar américain finira par refaire surface, lorsque les marchés tireront profit des hausses de taux de la Réserve fédérale américaine. À l’autre bout du spectre, la CIBC se montre moins optimiste quant à l’avenir du dollar américain. La banque prévoit que la devise devra faire face à des obstacles en raison de rendements étrangers plus soutenus et d’un déficit du compte courant qui ne cesse d’augmenter. Les banques sondées s’entendent toutes pour revoir à la hausse la solide performance relative du huard par rapport aux prévisions du mois dernier. Desjardins se montre la plus enthousiaste, avec une prévision de 81,0 ¢ US/CAD, alors que la CIBC prédit un taux de 76,34 ¢ US/CAD d’ici la fin de 2018.



La Banque centrale européenne est prudemment campée sur sa position quant à la stimulation monétaire malgré la hausse de l’euro

Lors d’une rencontre tenue le 20 juillet dernier, les membres du conseil de direction de la Banque centrale européenne (BCE) ont décidé de maintenir la position qui avait été adoptée, soit de se tenir prêt à accroître le programme d’assouplissement quantitatif au besoin. Les représentants de la BCE ont affirmé que « si le contexte s’y prête moins, ou si les conditions financières ne permettent plus de progresser vers un ajustement durable du taux d’inflation, le conseil de direction est prêt à accroître l’ampleur ou la durée du programme. » Le président de la BCE, M. Mario Draghi, a ajouté que cet enjeu ferait l’objet d’une discussion plus poussée à l’automne. Nous devrons donc attendre la réunion du 7 septembre pour connaître la suite.

L’examen des résultats du sondage de ce mois-ci indique que la Banque Nationale est d’avis que l’euro n’a pas su profiter du moment et justifie ses dires par l’activité économique au ralenti dans le sud de l’Europe, le Brexit et les élections imminentes en Italie qui demeurent incertaines. La CIBC mentionne que l’euro a été dévalué en raison d’éléments commerciaux fondamentaux et qu’il continuerait à gagner du terrain tout au long de 2018. Dans l’ensemble, les banques sondées prévoient que les taux pour la paire de devises s’établiront entre 63,61 et 70,3 EUR/CAD tout au long de 2018. 



Nouvelle hausse en vue

La Banque du Canada fera de nouvelles annonces sur les taux d’intérêt le 6 septembre et tiendra une deuxième rencontre le 25 octobre, laquelle coïncidera avec la publication du Rapport trimestriel sur la politique monétaire. Dans l’attente des annonces, les banques sondées s’entendent généralement toutes pour dire que la Banque du Canada continuera de resserrer sa politique monétaire. Compte tenu de l’optimisme entourant l’annonce du 12 juillet sur les politiques, BMO soutient que le marché envisage dorénavant d’obtenir des résultats plus rapidement que prévu en raison de ces politiques. En ce qui concerne les États-Unis, les banques sondées s’entendent pour dire que la Réserve fédérale américaine annoncera une diminution des réinvestissements et amorcera le rééquilibre de son bilan en septembre. 



Hausse prévue du taux des obligations d’État de deux ans

Les prévisions des banques sondées sont demeurées en grande partie les mêmes par rapport à celles du mois dernier. D’ailleurs, des hausses du rendement des obligations de deux ans des gouvernements canadien et américain sont toujours prévues tout au long de 2018. Plus précisément, RBC et BMO s’attendent à des hausses marquées de respectivement 2,10 % et de 2,05 % en ce qui concerne le rendement des obligations de deux ans du gouvernement du Canada d’ici la fin de 2018. RBC prévoit également que le rendement des obligations de deux ans du gouvernement américain connaîtra la hausse la plus importante tout au long de 2018, soit 2,70 %, pratiquement le double du rendement actuel, qui s’établit à 1,37 %. 



Statu quo pour les prévisions des obligations d’État de dix ans, mais une hausse du rendement est envisagée

Depuis la publication du mois dernier, les prévisions des banques sondées quant au rendement des obligations d’État à 10 ans sont demeurées sensiblement les mêmes, tant pour les États-Unis que le Canada. La CIBC fait preuve de prudence en indiquant que la baisse éventuelle du taux d’inflation aux États-Unis pourrait entraîner une perte de rendement. Toutefois, malgré ce commentaire, la CIBC n’a pas révisé ses prévisions. En général, les prévisions des banques sondées sont demeurées les mêmes que le mois dernier. Les banques s’entendent toutes pour dire que le rendement des obligations d’État à 10 ans devrait connaître une hausse stable tout au long de 2017 et de 2018, tant au Canada qu’aux États-Unis.  



Hausse prévue du taux de rendement des obligations à long terme tout au long de 2018

En date du 11 août 2017, les taux de rendement des obligations à long terme des gouvernements du Canada et des États-Unis s’établissaient respectivement à 2,29 % et à 2,82 %. Les prévisions des banques sondées n’ont pas beaucoup changé par rapport à celles du mois dernier et demeurent conformes aux attentes quant à la hausse continue des taux de rendement pour le reste de 2017 et tout au long de 2018. RBC prévoit toujours les hausses les plus élevées pour les obligations d’État à long terme parmi toutes les banques sondées, soit 3,25 % pour le Canada et 3,75 % pour les États-Unis d’ici la fin de 2018.







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