Compilation de Richter sur les prévisions des banques relativement aux taux de change et aux taux d’intérêt

Avril 2017

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La Banque du Canada propulse le huard par rapport au billet vert

Le 13 avril 2017, le taux de change CAD/USD à la clôture des marchés était de 75,0 ¢ US/CAD, son taux le plus élevé depuis le début de mars. La remontée est survenue après que la Banque du Canada ait publié sa déclaration sur la politique monétaire, qui maintient le taux de financement à un jour à 0,5 %, où le gouverneur Poloz a commenté qu’une « baisse de taux n’était pas envisagée à ce moment-ci ». À l’opposé, le billet vert a commencé à montrer des signes de faiblesse en 2017. Selon la Banque Nationale, le dollar américain pondéré en fonction des échanges a perdu plus de 3,0 % de sa valeur au premier trimestre. La Banque attribue ce recul aux commentaires modérés concernant la hausse de taux de la Banque fédérale américaine à la mi-mars ainsi qu’aux difficultés éprouvées par l’administration Trump à honorer ses promesses électorales.

Les banques sondées ont légèrement modifié leurs prévisions ce mois-ci. Néanmoins, Desjardins a revu ses prévisions à la hausse, signalant son optimisme à l’égard de l’économie canadienne. Desjardins a rehaussé sa prévision de la croissance du PIB du Canada de 1,9 % à 2,2 %, confiante dans l’économie canadienne, et a précisé que « les perspectives sont favorables pour 2017 ». La Banque Nationale cite également des données économiques encourageantes, mais met en garde contre le marché immobilier effervescent de Toronto, où l’augmentation des prix ne s’explique pas en totalité par la hausse de l’emploi et la formation de ménages. Dans l’ensemble, le message principal véhiculé par les banques sondées demeure similaire à celui des mois précédents : le dollar canadien doit surmonter des difficultés à court terme, mais reprendra graduellement de la vigueur en 2018.

La confiance est à la hausse dans la zone euro, mais les prévisions CAD/EUR demeurent divisées par l’incertitude

La paire de devises CAD/EUR se négociait à 70,5 ¢ EUR/CAD le 17 avril, bien au-delà de son creux de 68,8 ¢ EUR/CAD en mars. D’un mois à l’autre, les banques sondées ont apporté peu de changements à leurs prévisions pour la paire de devises. Les inquiétudes persistent à l’égard de la montée du populisme aux États-Unis et au Royaume-Uni, qui pourrait se matérialiser sur le continent européen compte tenu des élections prochaines en France et en Allemagne. Néanmoins, les données économiques de la zone euro poursuivent sur leur lancée. Selon la RBC, les décideurs de politiques de l’UE pourraient commencer à retirer leurs mesures de relance compte tenu de cette lancée, et ce, dès l’an prochain.

Le faible consensus des banques sondées continuera d’être le thème principal en matière de prévisions CAD/EUR. La BMO est notamment d’avis que la paire de devises s’échangera à près de 72,3 ¢ EUR/CAD d’ici la fin de 2018; et ajoute prudemment qu’elle ne reverra ses prévisions que lorsqu’il y aura d’autres signes de reprise économique et que l’inflation sera autonome. À l’inverse, la CIBC a davantage confiance en l’euro et estime que la paire de devises se négociera à 62,7 ¢ EUR/CAD d’ici la fin de 2018. Selon cette dernière, les résultats de l’élection française devraient être « favorables aux marchés ». De manière générale, le thème principal est que les perspectives de l’euro demeurent tributaires des incertitudes politiques et économiques, qui continuent de se refléter dans les prévisions des banques sondées. 



Prévisions relatives au taux : Des données économiques solides suggèrent des hausses de taux de la Banque du Canada plus tôt que prévu

Ce mois-ci, nous avons observé que la CIBC, la BMO et Desjardins ont revu à des dates plus rapprochées leurs prévisions quant à une hausse de taux. Comme l’indique la BMO, le renforcement récent des données liées à l’emploi et au PIB explique en grande partie ces ajustements. Plusieurs banques ont commenté la politique fiscale canadienne en plus de la reprise économique du pays. Desjardins précise que les répercussions du plan de stimulation du gouvernement fédéral se feront de plus en plus sentir et que les mesures fiscales du budget de 2016 augmentent le revenu disponible des ménages canadiens. Pour ce qui est des hausses de taux de la Réserve fédérale américaine, la BMO a ramené ses prévisions à des dates plus rapprochées comparativement au mois dernier, principalement en raison de son interprétation positive du compte-rendu de la réunion du FOMC de la mi-mars. La Banque Nationale prévoit une normalisation rapide des politiques monétaires, anticipant une prochaine hausse de taux de la Réserve fédérale américaine en septembre 2017.



Prévisions relatives au taux de rendement des obligations d’État de 2 ans : Hausse des taux de rendement prévue au Canada et aux États-Unis

Ce mois-ci, nous avons observé que les banques sondées ont principalement revu à la hausse leurs prévisions pour les obligations d’État de deux ans du Canada. La BMO et la CIBC ont notamment ajusté leurs prévisions des taux de rendement des obligations afin de refléter la croissance anticipée des taux de rendement par rapport à la publication du mois dernier. Pour ce qui est des rendements des obligations d’État de deux ans des É.-U., la Banque Nationale a revu à la baisse ses prévisions pour les trois prochains trimestres. En effet, dans ses observations, la Banque souligne l’échec de l’administration Trump dans sa tentative de réformer la loi Obamacare, qui pourrait brimer la confiance du marché à l’égard des perspectives de l’économie américaine. Dans l’ensemble, les taux de rendement des obligations d’État de 2 ans devraient augmenter au Canada et aux États-Unis au cours des deux prochaines années.



Prévisions relatives au taux de rendement des obligations d’État de 10 ans : Ajustement à la baisse des taux de rendement des obligations d’État de 10 ans des É.-U.

Le 17 avril, les obligations d’État de 10 ans des É.-U. procuraient un rendement de 2,24 %, en deçà des niveaux observés en mars, puisque l’administration Trump, en échouant dans ses objectifs de réforme, n’a pas réussi à stimuler la confiance dans la reprise économique américaine. Par conséquent, la BMO et la Banque Nationale ont revu à la baisse leurs prévisions des taux de rendement des obligations d’État de 10 ans des États-Unis. Encore une fois, la Banque Nationale a souligné que l’échec des républicains à faire adopter une loi sur le système de santé en remplacement de l’Obamacare jette le doute sur les capacités du président Trump. Réaliser la réforme fiscale promise pourrait s’avérer plus difficile que prévu.

Pour ce qui est des obligations d’État de 10 ans du Canada, les banques sondées ont revu leurs prévisions à la hausse et anticipent qu’elles s’échangeront entre 2,2 % et 3,1 % d’ici la fin de 2018. 



Prévisions relatives au taux de rendement des obligations d’État de 30 ans : Hausse graduelle du taux de rendement des obligations à très long terme

Les banques ont revu légèrement à la hausse leurs prévisions des taux de rendement des obligations à très long terme. La Banque Nationale, à l’instar de la Banque du Canada lors de sa conférence de presse du 28 mars dernier, souligne toutefois que la prudence est de mise.

Les taux de rendement des obligations à très long terme des É.-U. ont légèrement fléchi en mars, mais les prévisions des banques sondées sont demeurées relativement inchangées. 



 


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